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La Page blanche

29 mars 2012
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Voilà un livre qui a suscité la plus vive convoitise de mon entourage ! D’habitude, lorsque les yeux de mes visiteurs se posent sur les livres qui traînent à la maison, j’entends des : « Oh, ce truc… Qu’est-ce que ça a pu me faire chier en quatrième ! » Là, les regards s’attardaient, les mains se tendaient, les voix se faisaient doucereuses : « Le dernier Bagieu ! Je n’en dors plus la nuit à attendre sa sortie ! Est-ce que tu crois que tu pourrais… »

Bien entendu, j’ai refusé catégoriquement tout emprunt éventuel. Je déteste prêter mes livres, on me les rend toujours en charpie. À moins de faire payer une caution à mes proches ? Une réflexion à poursuivre…

Pour en revenir à cette BD : c’est une jeune femme désemparée, en mini-short et collants, qui fixe le vide sur un banc parisien. Elle ne se souvient de rien. Elle est même obligée de fouiller dans le sac posé à côté d’elle pour retrouver des papiers lui apprenant son nom et son adresse. Elle s’appelle donc Éloïse Pinson, mais ça ne lui dit rien. Quelques passages cocasses la montrent tentant de pénétrer dans son logement, évidemment dépourvue du code d’entrée, de l’étage et du numéro, et imaginer, soudain prise de panique, ce qui peut bien l’attendre derrière la porte.

Dans un état de confusion total, elle va partir en quête de son identité, sans être particulièrement douée pour le travail de détective. Elle découvre ainsi qu’Éloïse travaille dans une librairie, n’a aucun talent particulier, ni de famille proche. La description d’une journée de libraire est désopilante, avec un lecteur par heure réclamant le dernier Marc Levy. On se rend cependant vite compte que la vie de « l’autre » (pour l’inconnue amnésique, Éloïse n’est pas elle) était singulièrement dépourvue de sens. Elle ne trouve aucun signe distinctif ; Éloïse était banale, transparente, probablement malheureuse. C’est là que la partie la plus intéressante commence. Pas de mémoire, pas de regrets !

Ce n’est pas une bande dessinée que j’aurais achetée, craignant un peu le côté « moi, mon sac à main et moi-même » du blog de Pénélope Bagieu, illustratrice de ce livre scénarisé par Boulet. Finalement, j’ai bien apprécié sa relative profondeur, souriant souvent, reconnaissant des travers bien connus de la vie contemporaine. Le trait est fin, les couleurs agréables, l’objet est « joli ». Le dessin est approximatif par moment. Ça me donne envie d’en savoir sur les deux artistes qui ont collaboré à ce projet, même si, pour tout dire, je me suis sentie un peu vieille par rapport aux préoccupations d’Éloïse.

Pénélope Bagieu et Boulet, La Page blanche, Éditions Delcourt , 2012, 201 p.

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4 commentaires leave one →
  1. 3 avril 2012 20:54

    J’ai lu le premier tome des Notes de Boulet. C’est souvent très drôle. Je n’ai pas lu la Bd dont tu parles mais j’en avais lu une critique ailleurs et cela m’avait semblé pas mal du tout. Un prochain achat sans doute, moi qui suis très sensible au neuvième art…

  2. 5 avril 2012 13:34

    J’ai juste fait un petit tour sur le blog de Boulet, il y avait des trucs marrants, en effet. De même sur le blog de Pénélope Bagieu, qui est plus « lisse », plus sac à main, quoi !

  3. 6 avril 2012 20:23

    Certes. ce qui ne doit pas nous faire oublier le principal : Prenons le pouvoir avec le Front de Gauche !!! :oB

    • 6 avril 2012 21:13

      Voilà un commentaire très pertinent et auquel je souscris pleinement. ;-))))))))))))

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