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Intrigue à Versailles

5 mai 2012
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« C’est une série ! » rugis-je. Mon cri, couvert par la pluie qui tambourinait sur le toit de la librairie où j’avais trouvé refuge, par une froide soirée d’hiver, ne dérangea pas les autres clients, qui flânaient comme moi entre les rayons. J’avais bien aimé Intrigue à l’anglaise quelques années plus tôt, je venais de découvrir qu’Adrien Goetz en avait publié une suite.

Pénélope Breuil a donc quitté sa provinciale tapisserie de Bayeux pour se rapprocher de la capitale. Ce n’est pas encore le Louvre, son fantasme absolu de jeune lauréate du concours de conservateur du patrimoine, mais les élégants salons du palais en fournissent un substitut acceptable. Même si, pour une spécialiste des tissus coptes, ça manque d’étoffes antiques dans les antichambres plus ou moins d’époque.

Elle fréquente toujours son petit ami Wandrille, dont le grand industriel de père vient d’accéder à une position très enviable. Ils forment un coupe un peu agaçant de jeunes gens snobs prompts à se moquer de moins beau et élégant qu’eux. Personnellement, je me sens peu attirée par « son dandy à elle, avec ses costumes Paul Smith et ses Superga en série limitée achetées à Soho ». Le décalage entre la plébéienne et le fils de ministre s’avère cependant souvent drôle.

Mais le véritable héros, c’est le château. On le parcourt de long en large, on découvre les couloirs discrets, les chambres secrètes. Avec l’enthousiaste Bonlarron, on s’initie à la poésie des rideaux, des serrures et des meubles : « Ce sont des sculptures qui vibrent, on voit la trace des coups de ciseau de l’artiste qui les a façonnées. Ils sont uniques, émouvants. Un beau fauteuil, ça a du nerf, du mouvement. » (p. 90)

Sans cesser de persifler sur les conservateurs encroûtés et les Versaillais bon teint, Pénélope et Wandrille se lancent avec entrain dans une enquête autour d’une table du XVIIIe siècle, mystérieusement apparue dans la chambre de Marie-Antoinette, et d’un cadavre retrouvé lacéré au fond d’une fontaine. Le livre se révèle comme un polar esthète bien documenté, avec une intrigue liée à l’histoire des jansénistes. Il porte un regard moqueur sur la vieille aristocratie française, forcément dégénérée, ce qui nous fait fréquenter du beau monde. Comme dans le premier tome, tout a l’air d’une récréation, même le travail de gestionnaire de musée.

Pour la suite, on partira à Venise…

Adrien Goetz, Intrigue à Versailles, Ed. Grasset & Fasquelle, 2009, 397 p.

Série « Les aventures de Pénélope Breuil » :

Intrigue à l’anglaise
Intrigue à Versailles

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