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Olympos

8 juillet 2012

Vous reprendrez bien un peu de théorie robotique proustienne et de guerre techno-troyenne ?

La suite d’Ilium reprend l’histoire là où elle s’était arrêtée. J’ai cependant pu remarquer des différences dans l’écriture. Le découpage est moins syncopé ; on a des parties de 200 pages alternant les aventures des troyens, celles des moravecs et celles des humains, au lieu du changement de point de vue à chaque chapitre. On y perd en rythme, avec le risque de se lasser sans le changement de scène toutes les vingt pages. Pourtant, ce tome est écrit plus efficacement que le premier et je ne me suis pas ennuyée.

Suite aux légères bévues d’Hockenberry à la fin du tome précédent, Achéens et Troyens se sont alliées contre les dieux. Les dieux eux-mêmes sont divisés et le fait d’être découpés en rondelles par Achille ne leur permet guère de retrouver leur légendaire calme olympien.

Les humains survivant sur terre sont retournés à une société d’un niveau technologique médiéval, à ceci près qu’ils ont des hordes de robots tueurs aux trousses. Après des générations de fonctionnement artificiel, ils redécouvrent dans la douleur les mécanismes naturels de la naissance, de la maladie et de la mort. Plus de remise à neuf en cas de pépins, ni de paradis spatial ! Leurs épreuves deviennent vraiment effrayantes, avec l’arrivée d’un monstre hautement répugnant, dont la seule description me donne la nausée.

La terre a bien changé et pourtant, D. Simmons donne quelques détails réalistes qui rendent presque l’histoire crédible, comme la description saisissante d’un Paris futuriste figé sous la glace, où Daeman trouve en creusant l’ancienne promenade plantée. L’auteur se paie le luxe d’une explication scientifique, teintée de métaphysique, à son univers strictement impossible. C’est promis, à la fin d’Olympos, on comprendra tout :

Pourquoi il y a des dieux grecs sur Mars. Pourquoi un tunnel ouvert dans l’espace-temps débouche sur une autre Terre où la guerre de Troie contée par Homère a toujours lieu. D’où vient cette Mars terraformée que nous savons impossible. Que font sur la vraie Terre que voilà Prospéro et Caliban, deux personnages issus d’une antique pièce de Shakespeare, pourquoi ces trous de brane qui apparaissent un peu partout menacent l’intégrité quantique de l’ensemble du système solaire… j’ai tout compris, vous dis-je, tout ! (p. 616)

(C’est Orphu qui le dit, et il est bien le seul !)

Il n’y a aucune raison de ne pas lire Olympos si on a ne serait-ce que bien aimé Ilium : les deux tomes constituent un seul et même livre, sur 2000 pages. Certes, Simmons fait trop long, comme dans Terreur et comme beaucoup d’écrivains américains. Le vrai problème du roman est idéologique et constitue un motif de conflit bien actuel. On peut trouver regrettable que l’imagination pas si développée de l’auteur le pousse à reprendre des éléments réels au lieu d’en inventer de nouveaux, qui ne froisseraient personne et permettraient de se projeter selon sa sensibilité.

Dan Simmons, Olympos, Pocket, 2008, 1010 p. (2004)

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