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Killing Bono

10 juillet 2012

Neil McCormick est persuadé qu’une grande carrière de rock star l’attend. Il joue dans le groupe le plus prometteur de Dublin, Shook Up. Il est beau, il chante bien, il est travailleur. Son frère Ivan, lui aussi beau mec, se débrouille bien à la guitare. Deux frères McCormick sur une affiche, c’est un très bon début ! Aussi ne prête-t-il guère attention à cet autre lycéen, petit maigrichon, qui chante également dans un groupe. Lorsque ce Paul Hewson décide avec ses amis musiciens de se rebaptiser d’un nom ridicule, Neil continue à hausser les épaules. Mais lorsque ledit Bono signe avec une maison de disque pour un premier album, Neil ne rit plus du tout !

Cette sympathique comédie anglaise raconte l’histoire réelle d’un apprenti rocker qui a voulu être aussi célèbre que U2. D’une malchance inouïe, il va voir son rival le distancer au point qu’il semble vivre sur une autre planète. Neil, pendant ce temps, galère, accumule les contretemps, victime d’une série de malchance et de mauvais choix dictés par une fierté mal placée. Pour ne rien arranger, il est rongé par la culpabilité de n’avoir jamais transmis à son frère la proposition de Bono de l’intégrer dans U2. Au lieu de jouer de la guitare dans le meilleur groupe de rock du monde, Ivan campe dans un grenier avec un Neil rendu à moitié fou par la jalousie et l’ambition frustrée.

Les coulisses du rock sont montrées de manière cocasse. Un bon groupe, c’est avant tout un leader qui le déclare tel ; Bono est le premier à reconnaître que son groupe ne cassait pas des briques au départ. Si l’acteur qui l’incarne, Martin McCann, n’est pas très convaincant lors des premières scènes, il acquiert une aura youtwoesque manifeste dès lors qu’il porte les cheveux longs. De Bono, il sera peu question dans ce film, principalement consacré à la non carrière de Shook Up. Jusqu’à cette longue scène, à la fin, où il est bien question de le tuer, et où le demi-dieu fantasmé se révèle d’une sincérité émouvante.

Ce film globalement drôle, avec des moments de tristesse devant tant de malchance, retrace l’histoire d’un ratage complet dans la bonne humeur. Dans la vraie vie, Neil McCormick a abandonné la musique pour le métier de critique et d’écrivain, qui lui réussit davantage. Le scénario est inspiré de son propre livre, I Was Bono’s Doppelganger, Bono s’étant autoproclamé son double maléfique, qui aurait usurpé sa vie rêvée. Bono, lui, s’est coupé les cheveux et songe plus à la rentabilité qu’à la qualité musicale.

Nick Hamm, Killing Bono, 2011

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