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DIG !

20 août 2012
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À force de m’entendre dire que Dig ! était un film culte, j’avais naturellement envie de jeter un œil sur ce documentaire, retraçant le parcours de deux groupes de rock indépendants des années 90.

En 1995, les Brian Jonestown Massacre, « musiciens déjantés et talentueux », jouent une musique pop-rock rétro, inspirée des années 60. Pas de compromis avec l’industrie musicale ; ce sont des génies, le succès découlera naturellement de leur talent, point. Leur image de groupe branché leur vaut l’admiration des débutants Dandy Warhols, groupe de Portland.

Les deux groupes se mettent à jouer souvent ensemble. Ils connaissent les mêmes difficultés à percer, à sortir un premier album. Cependant, une philosophie différente commence à poindre chez chacun d’eux. Les Brian Jonestown Massacre refusent de signer avec un gros label, arguant de la corruption de l’industrie musicale, tandis que les Dandy Warhols sont avides de célébrité.

Anton Newcombe, chanteur des Brian Jonestown Massacre, apparaît de plus en plus comme mégalomane. Il a une haute opinion de son talent, ce qui le conduit à de nombreuses bagarres sur scène. Son comportement le porte à saboter tout espoir de contrat. Selon un commentateur inspiré, Anton doit « concilier sa vision mystique et sa personnalité perturbée ». Perfectionniste, il supporte mal les défaillances des autres. Avec une phrase fétiche telle que « je ne suis pas à vendre », on se doute qu’il ne se fait pas beaucoup d’amis dans l’industrie musicale. L’analyse psychologique de l’animal, au bord de la folie selon son entourage, s’avère le passage le plus passionnant du film. On trouve ainsi un témoignage incroyable de son père, regrettant de ne pas avoir pu l’élever à cause de ses problèmes de schizophrénie et d’alcoolisme. Le bel Anton ne vieillit pas très bien, s’abîmant dans des excès de substances diverses.

Le succès des Dandy Warhols fait naître une certaine rivalité entre les deux groupes amis. Chacun incarne l’opposition classique succès commercial / rebelle attitude, chaque groupe enviant à l’autre la qualité qui lui fait défaut. Sans tube, les Dandy Warhols font l’expérience des pressions de l’industrie musicale, qui exige un retour sur investissement. Ils constatent qu’ils ont plus de succès en Europe qu’aux États-unis. Ce n’est pourtant pas suffisant pour transformer le succès d’estime en monnaie sonnante et trébuchante, comme le constate avec amertume Courtney Taylor en réponse à la question d’un journaliste :

− Vous avez vendu combien de disques ?
−  En comptant nos parents ?

Le chanteur des Dandy Warhols devient moins sympathique au fil des déclarations. Il vilipende le comportement de jeunes à l’enfance difficile des Brian Jonestown Massacre, assez content de se présenter lui-même comme un « musicien normal » (on connaît la chanson). Il est vrai que les BJM sont irrécupérables. La plupart de leurs concerts dégénèrent en bagarres entre musiciens ou même avec le public. Anton vire régulièrement les autres musiciens, ou alors ce sont eux qui partent, écœurés par son talent pour tout faire foirer.

Le film est un témoignage intéressant sur les tensions entre le rock indépendant et l’industrie musicale. Les musiciens sont attachants, malgré leurs coupes de cheveux, mais je n’ai pas ressenti de coup de foudre musical pour l’un ou l’autre de ces groupes (il faudrait que je confirme par l’écoute des albums).

Ondi Timoner, Dig !, 2005

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