Skip to content

Crampton Hodnet

13 novembre 2012

Il existe peu de lieux incitant autant au dévergondage que le salon d’une vieille dame, au fond d’une allée fleurie d’Oxford. Étudiants ébouriffés et vicaires prometteurs s’y pressent pour prendre le thé. Une vague de passion va bientôt secouer le quartier universitaire douillet.

La terrible Miss Doggett se décide à héberger le nouveau vicaire. Il se met à entretenir une relation loufoque avec la demoiselle de compagnie et souffre-douleur professionnel de la vieille dame, Jessie Morrow, qui dissimule ses maigres charmes sous de strictes tenues démodées. Tous deux sont bien trop conscients que la moindre parole échangée pourrait leur valoir d’être secrètement fiancés aux yeux de la ville entière. Les voilà qui se laissent aller à quelques écarts, qui peuvent se résumer aux deux mots du titre : « Crampton Hodnet ». C’est le nom de code des verres de cherry bus en cachette, des promenades furtives, des mensonges éhontés d’ecclésiastiques que tout le monde croit irréprochables.

Autour de Miss Doggett gravitent d’autres potentiels objets de passion. Ainsi, sa nièce Anthea consacre la plus grande partie de son énergie à séduire des étudiants, qui ne demandent pas mieux. Le père de celle-ci essaie pour sa part ses charmes vieillissants auprès des étudiantes. Une histoire torride se noue entre le professeur et l’une de ses étudiantes, aussi froide que son regard est brûlant. Que va-t-il bien pouvoir se passer ?

Le roman donne une vision aussi désopilante qu’implacable des relations sentimentales : l’amour est une illusion fugitive, dans laquelle les personnages mettent toutes leurs aspirations à autre chose, sans savoir quoi exactement. Leurs errements vont alimenter la base de ragots de ville pendant plusieurs mois.

Il s’agit du premier roman rédigé par Barbara Pym, publié cinq ans après sa mort. Dès le titre du premier chapitre, « Le thé du dimanche », une écrivaine était née. Avec son humour à petites touches, elle suggère des abîmes de frustration chez certains, de névrose satisfaite chez d’autres. C’est très drôle, mais pas seulement.

Barbara Pym, Crampton Hodnet, Librairie
Arthème Fayard, 1986, 275 p. (publié en 1985)

Publicités
2 commentaires leave one →
  1. 19 novembre 2012 22:01

    J’avais adoré, j’ai fait un billet en 2008, un vrai régal ! Je ne savais pas qu’il était sorti chez cet éditeur. Tu me donnes envie de relire Pym !

    • 22 novembre 2012 22:04

      Relire Pym, déjà ! Tu as raison, c’est un régal mais j’attendrai un peu plus longtemps. Il faut déjà que je les lise tous. :-p

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :