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Les Royaumes des elfes

5 janvier 2013

royaumes_elfesOn pense généralement que les fées ou les elfes sont de petits êtres futiles, toujours prêts à voleter et incapables de mourir. La raison de ce malentendu est qu’ils préfèrent demeurer invisibles − bien qu’ils puissent devenir visibles quand ils le veulent, grâce à un mécanisme qui fonctionne un peu comme une pédale una corda ou un levier de vitesse. En réalité, leur taille est d’environ quatre cinquièmes de celle des hommes, ils volent ou non selon leur position sociale et, après une existence de plusieurs siècles, meurent comme tout le monde − mais, ne croyant pas à l’immortalité, ils meurent sans inquiétude. (p. 93)

Dans ce recueil de nouvelles, nous découvrons des elfes aussi réalistes que totalement inhumains. Leur morale, leurs loisirs, leur sens de l’humour ou de l’honneur représentent une énigme, que l’écrivaine s’emploie à dévoiler avec ironie. Ces créatures peuplent les campagnes européennes, avec des origines orientales. Elles consistent principalement en petites cours affairées autour d’une reine, s’adonnant à l’art, la science, la gastronomie et l’amour. Régulièrement, un bel enfant humain est enlevé et élevé jusqu’à être en âge de devenir le favori de la reine. Mais pas de sentimentalisme : au premier cheveu blanc, l’amant hors d’usage est banni de la société elfique et terminera misérablement sa vie comme vagabond.

Selon le sens des bienséances elfique, seuls les serviteurs se servent de leurs ailes pour voler, c’est du plus mauvais goût chez les nobles ; faire des apparitions après sa mort prouve qu’on n’est pas tout à fait mortel et, pire que tout, qu’on a une âme : hors de question pour un elfe issu d’une lignée pure, sans tâche humaine. Contemplatifs et gracieux, mais aussi vaniteux et cruels, les elfes se soucient peu des humains, sauf lorsqu’ils décident de squatter chez eux et de leur chiper leurs provisions. Bien des mystères s’expliquent ainsi…

Je voulais découvrir cette autrice anglaise depuis quelques années et c’est un premier essai encourageant, même si certaines nouvelles m’ont semblé plus longues que d’autres. Il me faut à présent tenter un roman, qui je l’espère sera baigné de la même ironie et loufoquerie légère.

Sylvia Townsend Warner, Les Royaumes des elfes,
Ed. Joëlle Losfeld, 2002, 282 p. (Kingdoms of Elfins)

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2 commentaires leave one →
  1. 26 janvier 2013 14:56

    Je veux la lire pour le challenge Geneviève Brisac, c’est grâce à elle que j’en ai entendu parler.

    • 31 janvier 2013 22:40

      Intéressant. J’ai entendu parler d’elle pour la première fois sur le blog du Livraire, elle est encore peu connue. Je ne connais pas G. Brisac d’ailleurs !

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