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Apprivoiser une liseuse

3 février 2013
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liseuseIl y a un mois, je me suis offert une liseuse. J’avais prévu cet achat dès le printemps dernier, souhaitant célébrer la réussite d’une démarche professionnelle. À l’époque, j’avais bien regardé l’offre existante, comparant les caractéristiques techniques des différents modèles. J’étais particulièrement intéressée par deux modèles mais impossible de les comparer en magasin, l’un des deux n’était jamais exposé, ou alors pas chargé, toujours le même comme par hasard. J’avais donc décidé d’attendre la rentrée et, bien sûr, en septembre, les nouvelles versions des modèles existants étaient annoncées pour Noël, donc je pouvais bien encore attendre quelques semaines.

J’ai effectué mon achat en magasin, après avoir lu attentivement les caractéristiques techniques sur le site du fabricant. Bien m’en a pris car les vendeurs étaient incapables d’en parler, à part pour mettre en route la fonction éclairage, sans même faire la différence entre le modèle de l’an dernier et celui de cette année ! J’ai choisi un modèle sans éclairage, craignant l’effet insomniaque de l’écran rétro éclairé, même si, selon l’argumentaire commercial, « ça n’a rien à voir » et « ça ne fatigue pas du tout les yeux. » Il me semble qu’on manque de retours d’utilisateurs à long terme sur le sujet.

La liseuse était chargée et j’ai donc pu la tester à peine déballée. J’ai pu me débrouiller intuitivement puis en parcourant rapidement le mode d’emploi compris en plusieurs langues dans les fichiers offerts. Ce modèle dispose d’un bouton assez pratique pour faire apparaître le menu. Les pages peuvent être tournées grâce à l’écran tactile, très réactif, ou grâce aux boutons latéraux. En ce qui me concerne, je réserve le tactile pour la sélection des titres dans la bibliothèque et les réglages, préférant les boutons pour la lecture proprement dite : c’est d’ailleurs cette possibilité qui m’a fait choisir ce modèle-là.

Modèle dont je ne citerai pas le nom, puisque ce billet n’est pas destiné à faire de la publicité mais à raconter mes usages de la petite machine. Ce n’est pas non plus un secret puisque j’affiche la photo. Je pourrai vous donner les références en privé si ça vous intéresse !

À quoi me sert donc cet appareil, alors que je trouve à peu près tous les livres qui m’intéressent en bibliothèque municipale ? Eh bien en fait, pas tous. Lire des classiques anglais du XVIIIe siècle n’est pas évident ; cette littérature n’est pas toujours traduite et, même si je la trouve en version originale, le temps que je mets à venir à bout d’un livre m’oblige à une voire deux prolongations. Là, il me suffit de récupérer le fichier au format Epub et de l’envoyer sur la liseuse, et je peux prendre tout le temps que je veux.

On trouve pas mal de choses sur Internet maintenant, en termes de classiques libres de droit : le projet Gutenberg, surtout pour l’anglais, Ebooks libres et gratuits, sans oublier l’inévitable Google Books, qui se révèle parfois utile. J’avoue que je n’envisage absolument pas l’achat de livres électroniques récents. Le prix de la version électronique me semble le plus souvent exagéré par rapport à la version papier et, naturellement, je n’ai aucun mal à trouver les livres récents en bibliothèque. Bref, à part l’achat du support, je n’ai absolument aucun potentiel en tant que consommatrice de livres électroniques et je n’encourage personne dans cette voie, en l’état actuel du marché en France.

Une fois qu’on a téléchargé l’œuvre intégrale d’une cinquantaine d’écrivains, le logiciel Calibre prend tout son sens. Logiciel libre et gratuit de gestion de bibliothèque électronique, il permet de ranger ses titres, de les indexer finement si on le souhaite et de les envoyer à sa liseuse, dont il reconnaît la plupart des modèles. Il permet aussi de transformer ses fichiers en Epub, ce qui prend une à deux minutes, à partir d’un fichier RTF par exemple. Le cas s’est présenté pour les titres du site Marxists.org, par exemple. Même en ne disposant que d’un fichier html, ce n’est pas très dur de copier le texte dans un document Word, de l’enregistrer en RTF puis de le convertir en Epub sur Calibre.

Pour la lecture des PDF, un point noir pour toutes les liseuses, paraît-il, j’ai pu lire un texte d’une vingtaine de pages en le positionnant en mode paysage, mais il est vrai que c’était moins agréable qu’un Epub qu’on peut paramétrer à souhait, avec une navigation moins fluide.

Quelques bugs sont à signaler : parfois deux pages se tournent au lieu d’une seule, m’obligeant à revenir en arrière ; je me suis parfois retrouvée avec le texte en gras sans crier gare. Le choix des polices n’est pas immense mais celles proposées sont agréables à lire sur la longueur ; il faudra que je teste la possibilité d’en installer d’autres.

Les avantages indéniables :

  • La légèreté : je suis encore dans la phase de trouver magique de transporter l’équivalent de deux étagères dans une petite tablette de moins de deux cent grammes.
  • La facilité à lire dans les transports : qui n’a éprouvé la difficulté à lire un livre papier d’une main quand on se tient de l’autre à la barre dans le métro ? Il est de fait beaucoup plus évident de lire une liseuse avec une seule main. Avec un poids et un encombrement réduit, je peux envisager sans sueurs froides de transporter l’intégrale d’A la recherche du temps perdu sur moi en permanence ; un rien me met en joie.
  • La discrétion : il faut vraiment avoir le nez sur la liseuse pour savoir ce que la personne est en train de lire, d’autant que j’ai désactivé l’affichage du titre et de la pagination pour gagner de la place sur l’écran. Non que l’affichage public de mes lectures me gêne beaucoup ; je couvre souvent mes livres de poche d’un papier épais pour ne pas les abîmer, pour le reste, je n’intéresse pas grand monde de toute façon. Mais je pourrais envisager de me lancer dans des lectures embarrassantes… Non, pas le dernier porno pour ménagères de moins de cinquante ans qui n’assument pas ! Je suis convaincue qu’il est plus subversif aujourd’hui de lire l’Histoire de la révolution russe de Trotsky plutôt que Cinquante nuances de Grey.
  • Le contenu : comme je lis beaucoup de classiques, je savoure l’idée de pouvoir lire le livre qui m’intéresse à tout moment, sans courir les bibliothèques, réserver un exemplaire ou rester le nez sur mon ordinateur fumant et ronflant pour parcourir un texte qui n’est plus édité nulle part. Une grande partie des classiques de langue française et anglaise est maintenant aisément téléchargeable.

Pour les inconvénients, je trouve cela déroutant de ne plus ressentir le poids du livre, et surtout d’évaluer physiquement la longueur au fur et à mesure. L’avancée dans la pagination est bien sûr parlante, mais j’aime bien regarder l’épaisseur parcourue, me féliciter lorsque j’arrive à la moitié, ressentir un petit frisson dans la dernière ligne droite. Ici, on affiche un écran, puis un autre, puis encore un autre…

Dans mes pratiques d’emprunteuse, il m’arrive souvent de souligner au crayon dans la marge les passages que je veux noter plus tard (bien sûr, je gomme tout après !). C’est ce que j’ai trouvé de plus simple et de moins dérangeant dans ma lecture, comparé à la prise de notes au fur et à mesure. Là, je n’ai même pas eu envie de tester les fonctions de signets et d’annotations. Dans tous les cas, ça représente plusieurs clics, un geste plus long que mes petites croix au crayon. Difficile aussi de comparer plusieurs passages entre eux, comme on fait en feuilletant rapidement un livre.

Je n’ai pas noté d’inconfort rédhibitoire dans mon utilisation, à part ce petit bug des deux pages tournées en même temps. J’ai testé sur de longs romans, sur des essais, sur des articles de journaux. À chaque fois, je me suis vite faite au support et il ne m’a pas semblé étrange de lire du George Sand sur encre électronique. J’ai même apprécié, en un sens, le côté froid et désincarné, le fait de passer d’un titre à l’autre avec la même présentation, qui permet de se concentrer uniquement sur le texte, sans la parfois désagréable adaptation à une police différente ou une moindre qualité de papier.

Pour autant, je me vois mal jeter le papier définitivement. Je continue à emprunter des livres en bibliothèque et ce service public, gratuit à Paris et dans beaucoup d’autres établissements, me semble primordial. Tout le monde ne peut pas s’acheter une liseuse, tout le monde n’en a pas non plus besoin. Si on trouve tout ce qu’on veut d’une autre manière, l’objet relève du gadget. Comme pour tout objet, naturellement, on s’y attache et j’apprécie de le savoir dans mon sac lorsque je pars travailler ; plus de risque d’être à cours pendant le trajet quand le roman est terminé, et c’est un moyen idéal d’alléger le poids que je trimballe chaque jour.

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8 commentaires leave one →
  1. 4 février 2013 07:40

    Le passage sur les logiciels et machin.org m’a fait trembler. Ce n’est pas trop difficile à apprivoiser?
    J’ai lu ton billet avec intérêt (je vois très bien quelle liseuse tu possèdes!). Si un jour j’en possède une, ce sera pour les même raisons, les classiques anglais ou français bien ventrus, et garder les biblis pour le reste!
    Cependant pour l’instant mes déplacements se faisant en voiture, les livres papiers me satisfont. Il faudrait que je voyage beaucoup et longuement pour en avoir vraiment besoin. (ou qu’on m’en offre une).^_^ J’aime les livres pour feuilleter aussi.

    • 4 février 2013 23:47

      Bah, il s’agit juste d’enregistrer un fichier dans un format différent puis de le convertir. Si tu as déjà converti des pistes de CD en mp3, c’est à peu près la même chose ! Pour les déplacements en voiture, tu pourrais te mettre au livre audio sinon. Au début, j’ai eu du mal à la sortir dans le métro, j’avais l’impression de me la péter, mais finalement, avec tous ceux qui ont leur téléphone grand écran ou leur tablette, ça passe relativement inaperçu. Ce qui me gêne le plus, c’est l’inconnu sur la longévité de la bête et les déchets que ça pourrait engendrer. Je ne pense pas du tout que ce soit plus écologique que le papier, qui peut circuler un bon moment avant de se détériorer…

      • 5 février 2013 06:43

        En voiture il y a France Musique… ^_^
        Euh, jamais utilisé de MP3… (je sens que je vais rester au livre papier encore quelques décennies, d’ailleurs j’achète des incontournables pour les avoir ici, on ne sait jamais)
        Tu devrais lire Apologie du livre de Robert Darnton, sur les supports papier ou autres, histoire de voir, passionnant.

  2. 5 février 2013 21:12

    Je vois que partageons la même « machine » (mais avec éclairage, et c’est vrai, cela ne fatigue pas les yeux, mais si tu as une bonne lampe, tu peux t’en passer! – le principal intérêt est de permettre à Madame Cléanthe de s’endormir normalement en cas de lecture tardive). Je suis en fait un amateur déjà de longue date de la marque puisque j’en suis à ma troisième liseuse chez eux (j’ai acheté la première en 2008) Pour les polices, il est possible d’en rajouter (tu n’as qu’à faire un copié-collé à partir du répertoire de polices de ton ordi). Tu peux souligner un passage sans passer par le menu en plaçant un doigt au début et à la fin de chaque passage (cela fait deux doigts donc si tu suis toujours ;o) ). Pouvoir transporter l’équivalent de toute une bibliothèque (oui, j’en suis déjà à plus de deux étagères) reste je pense le principal intérêt d’une liseuse… mais cela n’aura aucune incidence, je suis au regret de te le confirmer, sur ta « consommation » de livres: j’achète toujours autant de livres papiers ou j’en emprunte toujours autant en bibliothèque. Bref, la liseuse a plutôt l’effet vertueux de décupler notre désir de lecture.

    • 9 février 2013 20:53

      Peux-tu me dire pourquoi tu as déjà acheté trois liseuses en quelques années ? L’attrait pour l’évolution technologique ou bien parce que tes liseuses ont moins bien marché au fil du temps ? J’aime bien ce que tu dis sur « l’effet vertueux » de l’objet. C’est ce qu’on a seriné pendant des années sur le mp3 qui ne tuait pas le disque, les grands consommateurs de CD étant aussi les gros téléchargeurs. Au final, le disque a bel et bien décliné, surtout parce que le prix en est resté élevé. Le livre électronique me semble complémentaire du livre papier, notamment parce qu’on ne trouve pas la même chose en gratuit téléchargeable qu’en librairie.

      • 10 février 2013 10:42

        Mes trois liseuses fonctionnent toutes très bien, mais j’ai suivi l’évolution technique: une deuxième liseuse pour le tactile et le wifi, la troisième pour l’éclairage et un meilleur contraste.

  3. 8 février 2013 10:44

    Chère Urgonthe,
    Je t’ai envoyé un mail sur ton adresse c….e@free.fr, mais avec ce déménagement de blog, j’ignore si tu utilises encore l’ancienne adresse associée à l’ancien pseudo. Bref, je voulais te dire plusieurs choses:
    – Merci pour ton lien vers mon site
    – J’espère qu’après la lecture de mon mail, tu viendras rendre visite au nouveau blog que tu m’as en partie inspiré
    – Et, pour fini, après avoir lu ton post, j’ai un petit cadeau pour ta liseuse: un site avec une appli gratuite pour transformer tes pdf afin qu’ils soient lisibles en 1 ou 2 colonnes et que tu n’aies plus à t’abîmer les yeux avec une police minuscule qui affiche le pdf en entier: http://www.willus.com/k2pdfopt/
    A bientôt, j’espère!

  4. 8 février 2013 10:46

    Pardon, « et pour finir »

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