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La Patrouille du temps

9 février 2013

patrouille_du_tempsLorsque Manse Everard, fringant trentenaire, postule pour une offre d’emploi, il est loin de s’imaginer que celui-ce le fera voyager à travers maints continents… et maintes époques. Après une formation exigeante, il fait maintenant partie des agents de la Patrouille du temps, organisation contrôlée par les humains du futur pour s’efforcer de maintenir la cohérence de l’histoire, mise à mal par la découverte du voyage  temporel. Par une série de courtes nouvelles, représentant chacune une mission, nous suivons ses aventures très dépaysantes, à la recherche d’indices, d’anomalies dans le cours de l’histoire.

Les instruments de travail du patrouilleur : un sauteur temporel, l’apprentissage accéléré des langues et coutumes des pays et époques visitées, et beaucoup de suite dans les idées. Nous avons ainsi droit à toutes sortes de considérations absconses sur les nœuds temporels, les boucles de causalité, les rétroactions négatives. Tous ces problèmes techniques des paradoxes temporels me donnent mal à la tête si j’y réfléchis plus de cinq secondes, et c’est aussi pour ça que j’adore les histoires de voyages dans le temps. On pense au père de Thursday Next dans la série de Jasper Fforde qui, c’est sûr, a lu Poul Anderson.

Le style de cet auteur a une réelle épaisseur historique. Il a visiblement fait des recherches et aime reconstituer un moment de civilisation, pas forcément ce qu’on considère comme les pivots les plus importants de l’histoire. Il a une prédilection particulière pour les époques obscures comme la Bretagne romanisée en déclin ou la Perse antique.

Pasargades était dans sa presque totalité une ville orientale : rues boueuses serpentant entre des taudis aveugles, coiffes graisseuses, tuniques crasseuses, bazars aux marchands criards, mendiants paradant leurs ulcères, négociants menant des files de chameaux entravés et de bourricots surchargés, chiens fouillant les morceaux d’ordures, tavernes d’où émanait une musique aussi harmonieuse que les miaulements d’un chat enfermé dans une machine à laver, hommes agitant les bras en poussant des malédictions − d’où venait la blague sur le mystère impénétrable de l’Orient ? (« Le Grand Roi », p. 87)

Au fil de ses missions, Manse acquiert une vision désabusée de l’humanité. Il ne croise évidemment que les plus jolies filles de leur temps mais, même s’il n’a pas de difficulté à les séduire, il préfère la solitude, plus simple à gérer dans la carrière qu’il s’est choisie. C’est un personnage classique de détective privé, efficace et peu sentimental. Les personnages secondaires apportent heureusement leur part de passion pour rendre ce livre plutôt prenant.

Poul Anderson, La Patrouille du temps, Le Bélial, 2005, « Le Livre
de poche », 286 p. (Time Patrol et autres nouvelles, 1955 à 1975)

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