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Robespierre, reviens !

27 avril 2013

robespierre_reviensCe petit livre militant vise à lever le discrédit pesant sur Robespierre et, au-delà, sur la Révolution française dans son ensemble. Selon les auteurs, son ostracisme médiatique relève de la réaction anti-républicaine qui sévit actuellement, alors qu’il « a incarné les grandes idées émancipatrices et les innovations considérables que la Révolution française de 1789 a introduites dans l’histoires des sociétés et des Etats. » (p. 9) Emissions télévisées, articles de presse, déclarations politiques rivalisent de termes péjoratifs pour qualifier cette période de l’histoire : on parle de Terreur, de tyrannie, de guillotine. Mais Robespierre, c’est vraiment pire que tout, au point que malgré des propositions répétées de donner son nom à une rue parisienne, la mairie, de droite comme de « gauche », a toujours refusé. Il importe donc de lutter contre la désinformation et la haine à courte vue.

L’héritage de Robespierre s’est traduit en avancées sociales indéniables. On lui doit la devise républicaine française « liberté-égalité-fraternité ». Il s’est fait le défenseur de l’égalité des droits quelle que soit la religion ou la couleur de peau. Favorable à la liberté de la presse, à la liberté de réunion et d’association, au mariage des prêtres, il a participé à la rédaction de la Déclaration des droits de 1793, la plus avancée sur le plan social, qui n’a jamais été appliquée. Opposé à la violence, malgré sa légende sanguinaire, il a refusé les exécutions de masse, les punitions collectives et les guerres de conquête.

Ses convictions politiques le portaient à appeler le peuple à « être en une continuelle activité pour défendre ses droits et sa liberté. » Favorable au suffrage universel, au non cumul des mandats, à l’école publique et obligatoire pour tous, il avait à cœur la formation de citoyens responsables, leur reconnaissant le droit à l’insurrection si les institutions bafouaient leurs droits.

L’aspect le plus fascinant, à mes yeux, est la mise en place du culte de l’être suprême, non une religion, mais une morale civique. J’avoue que j’avais complètement oublié cet épisode ; il est aussi fort probable que mes professeurs de collège et lycée l’aient passé à la trappe… Voilà en tout cas un sujet que j’aimerais bien creuser par la suite.

Les auteurs voient en lui un précurseur et un exemple prestigieux pour les gens de gauche. Ils se voient toutefois obligés, dans la deuxième partie, de revenir sur les attaques contre-révolutionnaires dont le personnage fait l’objet, à travers un historien reconnu comme François Furet ou un acteur tellement sympathique comme Laurent Deutsch, dont ils pointent les élucubrations à tendance royaliste.

Si l’analyse se garde bien de souligner les points sombres de Robespierre, qui nécessiteraient une œuvre de plus grande envergure, elle s’avère cependant convaincante et tout à fait d’actualité. Les débats n’ont pas manqué ces derniers mois entre des médias partisans d’une image idéalisée de la royauté, représentant les révolutionnaires comme des tortionnaires, et des politiciens de gauche soucieux de revendiquer leur héritage républicain, malmené par les mesures anti-sociales du gouvernement actuel.

Alexis Corbière et Laurent Mafféis, Robespierre, reviens !, 2012

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