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Vagues à l’âme au Botswana

27 juillet 2013
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vague_a_lameRien ne va plus à Gaborone : l’agence n°1 des dames détectives est déficitaire et Mma Ramotswe n’est pas sûre d’être longtemps en mesure de payer le salaire de son excellente assistante, Mma Makutsi. Dans le tome 3 des aventures de la détective appliquée à « corpulence traditionnelle », Mma Ramotswe est sur le point de se marier. Son fiancé, J.L.B. Maketoni, néglige son travail au garage et semble vouloir prendre le large à l’approche du mariage. Ne couverait-il pas une petite déprime ?

Les intrigues parallèles permettent de mettre en valeur le personnage de Mma Makutsi : pendant que Mma Ramotswe se lance dans une enquête délicate sur un probable cas d’empoisonnement familial à la campagne, Mma Makutsi prend en charge une enquête de moralité sur les candidates au concours Miss Beauté et Intégrité. Elle se découvre par ailleurs une vocation de « détective de la mécanique » en travaillant au garage, avec des apprentis par trop désespérants.

C’est toujours un plaisir de lire cette série qui nous fait visiter le Botswana, à défaut d’aligner les crimes sanglants. Dans l’aperçu de morale botswanaise qui nous est donné, la politesse tient une très grande place. Les personnages principaux ont des réflexions parfois naïves, comme l’engouement de Mma Makutsi pour les théories criminologiques de Lombroso. On a aussi droit à des réflexions sur les relations entre femmes et hommes parfois parfaitement politiquement incorrectes (une femme sait toujours obtenir ce qu’elle veut en manipulant un homme) et parfois réellement féministes. Dans l’ensemble, je trouve l’humour assez détonant sous la naïveté affichée.

Même si elle adorait sa petite fourgonnette blanche, qui l’avait toujours servie fidèlement, elle ne portait aux voitures qu’un intérêt limité. Elle avait peine à comprendre pourquoi les gens passaient leur temps à rêver d’une Mercedes Benz, alors qu’il existait tant d’autres véhicules aptes à les mener à destination en toute sécurité, sans pour autant coûter les yeux de la tête. Ce goût des voitures était une caractéristique masculine, pensait-elle. Elle le voyait se développer chez les petits garçons, qui affectionnaient les modèles miniatures, et il ne disparaissait plus jamais. Qu’est-ce que les hommes leur trouvaient de si passionnant ? Les voitures n’étaient après tout que des machines, de sorte que l’on pouvait imaginer, pourquoi pas, que les messieurs portent le même intérêt aux lave-linge ou aux fers à repasser, par exemple. Or, ce n’était pas le cas du tout. Jamais on n’entendait les hommes discuter entre eux de machines à laver.

Alexander McCall Smith, Vagues à l’âme au Botswana, 2004

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