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Les Mots perdus du Kalahari

28 juillet 2013
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mots_perdusTous les problèmes de Mma Ramotswe sont maintenant résolus. Reste l’épineux problème de trouver un mari pour Mma Makutsi, son excellente assistante. Or, « on peut obtenir cent sur cent en dactylographie et ne pas savoir comment parler aux hommes. Trouver un mari et taper à la machine sont deux choses totalement différentes. »

Mma Makutsi, bien que désespérément célibataire, ajoute une ligne à son CV déjà rutilant en devenant la directrice de l’école de dactylographie pour hommes du Kalahari. C’est suite à l’analyse poussée d’un créneau encore inexploité qu’elle décide de venir en aide à tous ces pauvres hommes qui tapotent leur clavier d’ordinateur avec deux doigts, faute de trouver une formation adéquate. Il s’agit avant tout de ne pas faire honte aux hommes, qui maîtrisent habituellement le fonctionnement des machines.

Mais les nuages se font de nouveau menaçants, avec la concurrence fâcheusement masculine de l’Agence de Détectives Satisfaction Garantie, gérée par un ancien policier tout à fait désagréable. La population va-t-elle elle aussi estimer qu’un homme est plus en mesure de résoudre des affaires criminelles ? Les qualités d’écoute et de patience de Mma Ramotswe ne sont-elles pas les plus indiquées pour le genre d’enquêtes qui lui sont confiées ? Justement, son dernier contrat l’amène à aider un homme à retrouver l’estime de soi après un passé dont il n’est pas très fier.

Ils avaient atteint un point où le sentier se perdait dans le lit asséché d’un cours d’eau. Une termitière s’élevait d’un côté, tandis que de l’autre la roche affleurait la terre rouge. Un bâton de canne à sucre mâchonné gisait au bord du sentier, près d’un fragment de verre bleu qui capturait le soleil. Non loin, une chèvre dressée sur ses pattes de derrière cherchait à atteindre les feuilles les moins accessibles d’un buisson. C’était le lieu idéal pour s’asseoir et écouter, sous un ciel qui avait vu et entendu tant de choses qu’une mauvaise action de plus ne ferait guère de différence. Les péchés, songea Mma Ramotswe, semblent plus sombres et plus importants quand on les regarde à l’intérieur. Dehors, au grand air, sous un ciel comme celui-ci, ils reprennent leurs proportions naturelles : ils nous apparaissent comme de petites choses misérables que l’on peut affronter ouvertement, décortiquer, puis classer.

Ce qui rend la lecture de cette série si agréable, comparée aux autres polars, c’est la grande courtoisie qui caractérise les relations entre les gens au Botswana, « le meilleur pays du monde ». Il est par exemple obligatoire d’attendre patiemment à la porte que l’on vous dise d’entrer. Toutefois, la vieille morale botswanaise est mise à mal par l’individualisme moderne. Même les jeunes femmes ne tiennent pas tant que ça à la « constitution traditionnelle » et se préoccupent de leur ligne. Mma Ramotswe constate avec désapprobation que ces péronnelles n’éprouvent aucun scrupule à séduire des hommes mariés. C’est ici que les intrigues parallèles se rejoignent et qu’on s’aperçoit que ces choses-là sont souvent bien plus compliquées qu’il n’y paraît.

Alexander McCall Smith, Les Mots perdus du Kalahari, 2004

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