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Du sang sur Rome

29 juillet 2013

du_sangA l’époque de la dictature de Sylla, à Rome, Gordien est un enquêteur louche, peu respecté.

Quand on a recours aux services de Gordien, on garde une certaine distance, et de la réserve. C’est un peu comme si j’étais un lépreux, ou le prêtre de quelque culte oriental louche. J’en ai pris l’habitude. Je ne m’en offense pas – pourvu que mes notes de frais soient réglées ponctuellement et intégralement.

Un esclave très beau et bien élevé fait cette fois appel à ses services. Marcus Tullius Cicéron, avocat débutant, doit faire une difficile plaidoirie pour défendre un parricide. L’affaire semble confuse et il espère que Gordien pourra l’aider à y voir plus clair. L’enquêteur, d’abord dubitatif, est pris de fascination pour le personnage. Celui-ci, affublé d’un nom ridicule (« cicero » signifie pois chiche), peu gâté par la nature, compense ses tares par de grandes qualités d’orateur. Stoïcien imperméable aux passions, il passe son temps à travailler, malgré une santé fragile.

L’enquête de Gordien nous permet de visiter la Rome antique, des bas-fonds puants aux villas les plus élégantes. Passé le premier dépaysement de l’époque, on se retrouve dans le milieu classique d’un polar, avec personnages ambigus, tueurs patibulaires, femmes fatales qui n’apportent que des ennuis, rebondissements mettant en péril l’équilibre précaire de la vie de l’enquêteur. Le roman s’avère assez racoleur, avec des scènes de sexe très graphiques, des allusions fréquentes au viol et à la prostitution.

De manière intéressante, les relations avec les esclaves peuvent être de nature amicale ou amoureuse. Gordien vit d’ailleurs avec Bethesda, son esclave et amante. On peut reconnaître le mérite d’un esclave, sans aller jusqu’à des marques d’affection en public. L’esclave n’est pas un humain à part entière. Ainsi, son témoignage est tout à fait valable lors d’un procès, à condition d’être obtenu sous la torture…

Malgré quelques réserves, j’ai bien aimé le premier tome de cette série sur Gordien. L’auteur s’appuie sur de sérieuses recherches historiques. Il s’est ici inspiré du Plaidoyer pour Sextus Roscius d’Ameria de Cicéron, en 80 avant JC. Le système juridique romain est très exotique, notamment les sentences, et je suis curieuse de voir l’évolution de Cicéron dans les tomes suivants.

Steven Saylor, Du Sang sur Rome (Roman Blood, 1991)

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