Skip to content

Is He Popenjoy ?

31 juillet 2013

popenjoyMauvaise pioche pour Mary Lovelace. Alors qu’à dix-huit ans, elle n’aime rien tant que danser et s’amuser, son entourage bienveillant lui concocte un mariage avec Lord George Germain, probablement le plus bel homme d’Angleterre… mais aussi le plus ennuyeux.

La première partie du roman comporte des pages poignantes sur les tentatives de la pauvre Mary pour réussir sa vie conjugale. Elle essaie d’aimer son mari, avec le résultat que l’on devine. Elle fait même un effort pour imiter le train de vie de vieilles filles dévotes mené par les sœurs de Lord George. Las ! A peine arrivée à Londres, elle succombe au charme frivole de la séduction mondaine, des parties de bagatelle (un sport innocent, semble-t-il) et des chorégraphies de Kappa-kappa.

Lord George en est indigné mais peut difficilement lui reprocher de s’éloigner de lui, au moment où il se montre sensible aux manœuvres d’une séductrice expérimentée. Trollope ne fait que suggérer la mésentente physique du couple. Germain le glaçon est vraiment long à la détente !

Pourtant, un élément concourt à souder le jeune couple malgré tout. Le frère aîné de Lord George, Lord Brotherton, émerge de sa retraite italienne doté d’une épouse d’origine locale et d’un héritier. Tout premier mâle de la lignée hérite du titre de Lord Popenjoy, ce qui fauche d’un coup les espoirs de Mary, ou plutôt de son père, d’être la mère du distingué héritier et de pouvoir se parer du titre de marquise.

Je ne cache pas qu’il faut une certaine abnégation de lectrice pour en arriver à ce point de l’intrigue et poursuivre jusqu’à sa résolution. Le rythme est particulièrement lent et il faut se coltiner tous les préjugés de classe de l’époque. L’auteur s’en justifie d’ailleurs au début ; il préfère commencer par un long exposé plutôt que d’attaquer au cœur de l’action.

I hold that it is better to have the boiled mutton first, if boiled mutton there must be.

Le livre prend des couleurs avec l’arrivée de Lord Brotherton, personnage opaque comme Trollope aime à en brosser le portrait, qui laisse planer un doute sur ses intentions pour mieux faire subir à son entourage son outrecuidance. Il semblerait que le scandale attaché à sa conduite l’amuse beaucoup, de même que la torture mentale des membres de sa famille.

Le titre s’explique de la sorte : Lord Brotherton a épousé son italienne après avoir vécu avec elle un certain temps, en attendant qu’elle soit veuve. De ce fait, la naissance de Popenjoy n’apparaît pas comme des plus légitimes. Il est très important pour Lady Germain, la matriarche, de savoir si ce vilain enfant bien trop brun est « le » Popenjoy ou bien un négligeable bâtard italien.

Trollope règle la question de manière peu satisfaisante. De même, les insatisfactions conjugales de Mary trouvent leur solution dans « la vie », de manière réaliste et fort peu romanesque. Tout rentre dans l’ordre, après des scènes hautes en couleur qui menacent, ne serait-ce que verbalement, l’ordre établi.

Le thème du féminisme est aussi abordé et, sans surprise, ridiculisé, à travers des personnages d’ambitieuses et cupides oratrices. Mary, un moment attirée malgré elle par ce milieu, montre vite la solidité de ses « qualités féminines »  en refusant d’en faire partie. Pour le reste, toujours de solides personnages féminins, dont la gamme va de la vieille fille à la fiancée professionnelle qui encaisse échec sur échec matrimonial. Trollope ne s’intéresse pas beaucoup aux travailleuses ni aux femmes indépendantes…

Anthony Trollope, Is He Popenjoy ?, 1878

Advertisements
2 commentaires leave one →
  1. 5 août 2013 08:03

    je crains qu’en dépit d’une histoire qui a l’air intéressante pour un fan de Trollope, ça ne soit rasoir, en tout cas je ne sens pas ton enthousiasme; Resserrons nous sur ses grandes séries…

    • 5 août 2013 20:57

      Mais j’aime son côté rasoir ! Il n’y a pas de grand fou-rires dans ce livre mais un humour très subtil, apporté par les ridicules des personnages les plus désagréables. L’intrigue est un peu comparable à He Knew He Was Right et le plus intéressant n’est pas dans les personnages principaux.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :