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The Rocker

11 août 2013
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rockerEn 1986, Vesuvius, groupe métal, défie les limites du bon goût vestimentaire. C’est la belle vie pour le batteur, Fish, à l’air quelque peu abruti, mais tellement passionné ! Il se fait pourtant lourder par le groupe, qui n’hésite pas à vendre son âme pour la première partie de Whitesnake. Les dix premières minutes sont un vrai festival. J’ai ri de bon cœur, en décidant que le film était culte. Allons, n’ayons pas peur des mots, c’est bien le Wayne’s World des années 2000 qu’il m’a été donné de découvrir. Attention, film culte ne signifie pas chef d’œuvre, mais un certain équilibre entre le mauvais goût, l’humour potache et la subtile leçon de vie.

Vingt ans plus tard, Robert Fishman vivote comme téléopérateur, avec une tendance à être légèrement chatouilleux sur la question des goûts musicaux de ses collègues. Une finesse équivalente dans sa vie personnelle lui vaut de squatter le grenier de sa sœur comme un gros looser (qu’il est. En jogging et en tongs). Le voilà donc au chômage, à soupirer de dépit devant le musée du rock’n’roll de Cleveland.

Son neveu Matt joue dans un groupe, A.D.D., qui a opportunément besoin d’un nouveau batteur. Si Matt est un brave garçon jovial, les autres membres du groupe ne sont pas sûrs d’être suffisamment désespérés pour convier un quadra à paillettes sur scène avec eux. Il y a Amelia « le sourire c’est pour les faibles » et Curtis, guitariste, chanteur et génie poétique dépressif (et mal coiffé). Contre toute attente, la mayonnaise prend et la décontraction naturelle de Fish lance le groupe avec la mise en ligne imprévue d’une vidéo du« naked drummer ».

On n’échappe pas au conflit de générations. Face aux lycéens bien rangés, dont le sens du délire en tournée se limite à jouer aux jeux vidéos toute la nuit, Fish est plutôt du genre à dévaster la chambre d’hôtel pour la beauté du geste. On se demande en fait en quoi il trouve son compte en jouant dans A.D.D. et sa pop-rock édulcoré. Comme dans beaucoup de films sur le rock, le thème est bien la mélancolie et les désillusions (« twenty years of « what if » »), avec les difficultés de sortir de l’adolescence passé quarante-cinq ans.

Fish est interprété par Rainn Wilson, cet acteur au physique étrange, qui prête ici son phrasé précieux à un personnage déglingué, ridicule et attachant. Il n’a peur de rien, même d’apparaître dans un slip innommable, et joue la bouche ouverte avec un air perpétuellement ahuri. Ce qui rattrape largement les coulées de bons sentiments de la dernière partie et les parties musicales peu convaincantes. Mais bon, j’ai adoré, je l’ai même regardé deux fois dans la même semaine, ce qui ne m’arrive jamais. Certaines choses ne s’expliquent pas !

Peter Cattaneo, The Rocker, 2009

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