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Les Ingratitudes de l’amour

9 septembre 2013

ingratitudes_amourIl existe plusieurs façons de réparer un cœur brisé, mais se rendre à un colloque savant compte sans doute parmi les plus insolites.

C’est le projet que se propose Dulcie Mainwaring, abandonnée par son fiancé, la trentaine terne, « bien partie pour devenir une pauvre vieille fille anglaise ». Elle flashe sur Aylwin Forbes, un directeur de revue plutôt ennuyeux et peu fiable, qui n’a que son physique pour se rendre intéressant, et qui s’en sert auprès des jouvencelles. Comme souvent dans cette situation, au lieu de séduire le beau mâle, elle écope d’une nouvelle amie acariâtre, qui plus est sa rivale dans cette histoire, Viola Dace.

Ce roman est l’occasion de mettre en lumière le métier trop souvent décrié d’indexeuse, typiquement un travail pour universitaire littéraire ratée, au service de penseurs masculins.

Le public considère toujours les faiseurs d’index comme des bêtes de somme dénuées d’intelligence, se disait Dulcie un peu indignée, tout en souriant légèrement à une vieille plaisanterie qu’Aylwin venait de sortir ; or un livre pouvait être sauvé comme il pouvait être gâché par son index. Et l’amour et le dévouement ne sont pas obligatoirement les meilleures qualifications, ajoutait-elle, pensant aux épouses et autres femmes dévouées qui avaient entrepris ce qu’on considérait souvent comme une tâche ingrate. (p. 30)

Une sorte d’obsession pour Aylwin Forbes s’empare de Dulcie et de Viola et les voilà bientôt parties en expédition dans sa ville natale, à arpenter salles à manger d’hôtels, jetées et cimetières pour une enquête échevelée aux résultats parfaitement insipides.

Au cours de cette histoire initiatique, Dulcie aura des discussions passionnantes avec des pasteurs sur les systèmes de chauffage, boira beaucoup de thé et croisera même Wilmet, la délicieuse héroïne d’Une corne d’abondance, au détour d’une visite touristique. Merveilleux !

Barbara Pym, Les Ingratitudes de l’amour, 1988 (No Fund Return of Love, 1961)

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5 commentaires leave one →
  1. 10 septembre 2013 13:54

    Mais pourquoi est-ce que je ne la lis pas plus? D’autres tentations, oui, mais Pym, une valeur sûre!

    • 26 septembre 2013 00:33

      Il FAUT lire Pym ! Mais pas tout d’un coup… Je me sens moins seule quand je lis ses histoires de vieilles filles bigotes, même si les derniers romans que j’ai lus finissaient plutôt bien. Les derniers sont plus amers.

  2. 31 octobre 2013 13:48

    Voilà qui a l’air tout à fait passionnante comme histoire. Merci pour le partage 🙂

  3. keisha41 permalink
    23 juin 2015 08:14

    Je viens de le lire et cherche les liens, évidemment tu l’as lu! J’ai adoré bien sur… ^_^

  4. 23 juin 2015 20:09

    Contente que ça t’ait plu ! Sûrement un des plus loufoques parmi les Pym.

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