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Le Royaume de Tobin

22 novembre 2013

tobinEn tant que royal baby, il est normal que le petit Tobin excite la curiosité de tout le royaume. Toutefois, en grandissant, il se doute que quelque chose ne tourne pas rond chez lui ; les gens chuchotent sur son passage, les regards se font insistants… Pourtant, il mène l’existence la plus ordinaire qui soit : toutes les mères passent leur temps à parler à des poupées sans visage, non ? Et tout le monde a bien un démon, plus criminel que farceur, à ses trousses ?

Cette trilogie exploite une idée simple : dans un royaume voué à la malédiction, depuis qu’une femme n’est plus à sa tête du royaume, une héritière potentielle se voit transformée en garçon, le temps de parfaire son éducation, avant de faire valoir ses droits sur le trône. C’est la magicienne Iya, son apprenti Arkoniel (un super nom !) et la sorcière Lhel qui se chargent de la basse besogne le jour de la naissance de deux jumeaux. Le petit garçon est promptement étouffé, pas assez toutefois pour ne pas hanter le château sous la forme d’un démon furieux. Quant à Tobin, le bébé fille, il prend l’apparence de son frère et est élevé en garçon.

Commence alors un looong roman d’apprentissage. Tobin mène une vie sinistre avant l’arrivée du jeune Ki, qui devient son écuyer et son ami. Arkoniel, de son côté, développe ses intuitions magiques pour créer de nouveaux sorts puissants. Le côté fantasy est à part ça assez léger ; il y a beaucoup de scènes d’entraînements, des intrigues de cour avec l’accueil de Tobin dans la capitale, auprès de son cousin Korin, le prince et actuel héritier du royaume.

Tobin ronchonne, s’attache à Ki tout en voyant celui-ci préférer les filles, devient un guerrier accompli sans atteindre la maturité émotionnelle équivalente. Jusqu’au plus beau jour de sa vie (pour un homme), où il reçoit la révélation : tu es une femme, Tobin !

C’est là que j’ai commencé à tiquer car, s’il y avait bien des idées intéressantes à exploiter, l’autrice s’en est tenue à une vision strictement déterministe du genre. Donc malgré son éducation de garçon, Tobin était bien une fille dès le départ, d’où son côté décalé. La preuve, il ne s’intéressait qu’aux garçons (sinon il aurait été lesbienne). D’ailleurs, dès que son identité féminine est proclamée, Tobin devenue Tamir porte des robes sans sourciller et se laisse submerger par ses émotions toutes les cinq minutes. Heureusement, elle n’oublie pas comment se servir d’une épée !

Ca reste une lecture point désagréable, même si répétitive. Le style oscille entre l’argot moderne et une certaine recherche, au moins dans la traduction, qui peut parfois surprendre. Les personnages secondaires, comme les compagnons d’arme de Korin, ne sont pas assez développés pour qu’on parvienne à les identifier et s’attacher à eux. Seuls les magiciens sont intéressants, notamment avec la relation ambiguë entre Lhel et Arkoniel. Toujours en cours d’écriture, la série Nightrunners a lieu dans le même univers, postérieure à Tobin.

Lynn Flewelling, Le Royaume de Tobin

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