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Shadowmarch

15 février 2014

shadowmarchTad Williams, conteur hors pair, navigue entre fantasy et science-fiction urbaine au gré de ses envies. Si l’Arcane des épées est un classique de la fantasy, avec tous les défauts afférents, c’est Autremonde qui m’a vraiment révélé son talent de bâtisseur d’histoires et la Guerre des fleurs son imagination débordante.

Je voulais lire depuis longtemps la série des Royaumes des marches mais l’éditeur français n’ayant pas daigné en traduire la seconde moitié, d’autres idées de lectures ont pris le pas sur celle-ci. Lorsque je me suis retrouvée en possession des quatre volumes en anglais, j’ai tout lâché pour me plonger dans cet univers !

On est d’emblée dans un univers aux codes connus, un peu comme une histoire à faire peur au coin du feu, où on frissonne pour jouer le jeu. Un grand château sinistre borde une région brumeuse, où ont été relégués les Qar, créatures magiques, à la suite d’une guerre sans pitié. La famille Eddon règne sur Southmarch, en piteux état : le roi Olin a été kidnappé, son fils aîné Kendrick tente de négocier sa libération à un prix forcément humiliant et les deux cadets, faux jumeaux, sont mêlés à des intrigues qui les dépassent, à peine sortis de l’adolescence. Barrick et Briony sont nos deux héros, garçon et fille, chacun ayant développé des qualités psychologiques opposées à celles de l’autre. Barrick est peu dégourdi, renfermé sur lui-même, estropié suite à un accident ; Briony est déjà une reine, elle en a la force et la ruse, bien que les événements dramatiques qui se succèdent provoquent un peu trop souvent des déluges lacrymaux.

Les autres personnages de la cour sont moins développés, excepté le capitaine de la garde, Ferras Vansen, un grand sentimental, qui est envoyé en mission périlleuse à la suite d’une bévue. Une menace se profile dès le début : la ligne d’ombre s’est déplacée, et avec elle des créatures parties à la reconquête de leurs anciennes terres. Difficile d’expliquer l’ambiance dans laquelle nous plonge cette armée féérique. Plus que par des faits merveilleux, c’est par le style, le choix précis des mots que Tad Williams nous plonge dans l’étrangeté. On sent rapidement que l’humanité est mal barrée, sans penser pour autant que les Qar sont des méchants.

The fairy army contained swarms of small creatures with ruddy hair and faces almost as narrow as foxes’ muzzles, too, and others not much larger than apes who were covered all over with some dark, tangled fur so that they appeared faceless except for the staring gleam of their eyes. Some of the enemies seemed to carry their own blankets of mist, so that even in the moments of clear light they were dim and hard to see as a reflection in a muddy pond, and the thrusts of lances and swords never quite seemed to strike them straight. Wolves accompanied them, too, silently swift and horrible in their intelligence.

Le point fort de l’auteur est de démarrer de multiples intrigues, avec des personnages très différents, et d’arriver à tout réunir à la fin. Ici, il s’agit du premier tome. Nous suivons donc des personnages à l’aveuglette, saisissant des indices ici et là, mais sans bien comprendre à quoi ils vont pouvoir servir. Ainsi, Chert est un Funderling, une créature de petite taille qui s’épanouit sous terre et excelle dans la taille de pierres. Avec sa compagne, il trouve un enfant humain et le couple décide de l’adopter, le baptisant Flint. C’est le début de beaucoup d’ennuis et de pérégrinations pour le pauvre Chert, qui va découvrir que bien des créatures de légende existent pour de vrai, à commencer par les Rooftoppers, des guerriers minuscules qui chevauchent des oiseaux ou des rongeurs.

Dernière intrigue, pas assez développée à mon goût, celle de Qinnitan, jeune prêtresse d’un culte des abeilles, sur le continent de Xis, qui se voit élever au rang impossiblement glorieux d’épouse de l’Autarch Sulepis. S’ensuivent pour elle des mésaventures courantes de harem, et des expériences mystiques moins courantes auxquelles la livre sa « préparation ». J’espère bien que son histoire encore nébuleuse s’étoffera par la suite.

On retrouve bien tous les ingrédients des œuvres précédentes de l’auteur, avec une superbe maîtrise de l’intrigue. Les événements se déroulant au château forment un roman policier à eux seuls. La lenteur et le mystère ne font que donner envie d’en savoir davantage.

Tad Williams, Shadowmarch, 2004

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