Skip to content

La Daniella

2 mars 2014
tags:

daniellaProcédé littéraire sympathique que ce roman épistolaire, à base des lettres du jeune Jean Valreg, parcourant l’Italie, à un vieil ami resté en France. A part ça, le livre ne fait pas dans l’originalité et c’est une des œuvres de George Sand où j’ai clairement baillé à plusieurs reprises…

Or donc, notre héros hérite d’une somme confortable à la mort de ses proches parents et se rapproche à vingt ans d’un ancien ami de son père, le narrateur. Ce dernier étudie de près l’esprit de ce jeune homme calme, un rien mélancolique. Jean, ayant assisté à la chute des idéaux révolutionnaires, est un désenchanté. Il finit par opter pour la carrière de peintre et, quelques années plus tard, lassé de la vie parisienne, entreprend un voyage en Italie. Il croise alors la route d’un peintre médiocre, Brumières, et d’une famille anglaise, lord B*** et lady Harriett, leurs fille Medora et sa suivante, italienne espiègle, la Daniella.

Une grande partie du roman consiste en impressions touristiques sur l’Italie, qui sont très mitigées. Des fresques de toute beauté côtoient la saleté et la misère. Les maisons sont crasseuses, mal meublées et la campagne malsaine.

Pardonnez-moi cette critique froide de lieux qu’on est forcé, par l’usage, de trouver admirables de lignes et ruisselants de poésie. Il faut bien que je vous explique pourquoi, sauf de rares instants où l’œil saisit un détail par hasard harmonieux (les troupeaux le sont toujours) et une échappée entre deux buttes où, par bonheur, il n’y a pas de ruines tranchantes, je m’écrie intérieurement :
– Laid, trois fois laid et stupide le steppe de Rome ! Ô mes belles landes plantureuses de la Marche et du Bourbonnais, personne ne parle de vous ! Voilà ce que c’est que de manquer de pestes, de cadavres, de rapins et de
larmes de poètes !

Jean trouve bientôt d’autres sujets d’exaltation avec l’irruption de l’amour. Malheureusement, en artiste idéaliste, l’expression de ses sentiments prend des formes délirantes, « l’extase de l’amour dans tout son rayonnement divin », pour une histoire somme toute assez banale.

La romance est entrecoupée de scènes burlesques avec un serviteur peu recommandable et de mésaventures avec des brigands. On joue donc sur des registres très différents les uns des autres et, pour tout dire, dissonants. Je pense que j’oublierai très vite ce roman.

George Sand, La Daniella, 1857

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :