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L’Atelier de Marie-Claire

17 décembre 2015
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atelierLa jeune employée de ferme découverte dans Marie-Claire travaille maintenant dans un atelier de couture à Paris. Pour une provinciale comme elle, le quartier Montparnasse apparaît bondé, effervescent, toujours en travaux. Elle mène une vie modeste, attachée à ses collègues et nous conte ses humeurs passagères, les drames personnels qui l’entourent.

Au début, l’ambiance dans l’atelier apparaît sympathique. Le patron se montre colérique mais ne rechigne pas à participer au travail, en brodant à la machine. Il a d’ailleurs embauché la narratrice tôt dans la saison, malgré le manque d’activité, soucieux de lui fournir de quoi vivre. Les ouvrières sont ensuite gardées pour leur bonne humeur

« Il y avait, entre les patrons et les ouvrières, comme une association amicale. »

L’atelier est peuplé de rires, de discussions animées entre les ouvrières au surnom bien choisi : Bouledogue, Duretour… Toutes ressentent la joie de travailler, d’avoir de nouvelles clientes. Pour autant, la plupart mènent des vies difficiles, mères célibataires, ou vieilles filles. Les privations ne sont pas rares, surtout pendant l’été chômé.

Les portraits se succèdent, les commandes particulières de clientes, qui obligent l’atelier à s’affairer pour satisfaire leurs exigences. Le texte est rythmé par les saisons et les périodes d’activité ou de chômage.

« Si nous pouvions avoir la chance de ne plus faire de vêtements brodés ! »

Cette chance-là ne fut pas la nôtre, au contraire. Les clientes recommandaient expressément des broderies, beaucoup de broderies. Il fallait broder et rebroder tous les costumes, qu’ils fussent de laine, de toile ou de soie. On eût dit que la broderie était la seule chose digne de parer les femmes et qu’il ne leur serait plus possible de vivre sans cela. »

Si la jeune femme s’épanche peu sur ses propres sentiments, on devine que sa vie étriquée commence à lui peser. Comme dans Marie-Claire, règne un grand pessimisme sur les relations amoureuses. La joie de l’atelier s’effiloche, la réussite matérielle de certaines ne conduit pas forcément au bonheur.

J’ai découvert ce texte en version audio. Son format court s’y prête bien et l’ambiance quelque peu mélancolique est ici bien servie par le lecteur.

Marguerite Audoux, L’Atelier de Marie-Claire, 1920

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