Skip to content

Aristote détective

16 avril 2016
tags:

aristotedetectiveA vingt-deux ans, Stéphanos se retrouve chef de famille depuis la mort de son père. Le renom de la famille la protège encore mais le manque d’argent ne tarde pas à se faire sentir. Surtout, un drame vient entacher leur réputation : son cousin Philémon, fils de sa tante Eudoxia, a du s’exiler suite à un coup fatal porté à un adversaire lors d’une bagarre.

A ces soucis domestiques, Stéphanos ajoute bientôt l’horreur d’une scène de crime. Le patricien Boutadès a été tué d’une flèche dans sa maison. Stéphanos découvre de puissants ennemis de la famille lorsqu’il apprend qu’on accuse son cousin, pourtant absent de la ville depuis plusieurs années, de ce meurtre. C’est à Stéphanos d’assurer sa défense lors de son procès. Désemparé, il demande alors l’aide de son maître respecté, durant ses études peu brillantes : le fameux Aristote !

L’idée d’invoquer une telle figure de philosophe dans un des premiers polars antiques s’avère judicieuse. Avec ses puissantes capacités de déduction et sa logique sans faille, Aristote est bien le détective idéal, face à un narrateur des plus patauds. Nous sommes à une époque où les techniques d’enquêtes sont tout bonnement absentes. Les témoins piétinent allègrement la scène de crime. On préfère s’interroger sur les intentions divines à l’œuvre plutôt que sur la psychologie des suspects. Aristote adopte rapidement une attitude scientifique et examine de près des fragments de poterie, tandis que Stéphanos travaille sur son réseau social.

Un homicide pollue tout, tant qu’il n’est pas vengé : le tueur d’abord, puis sa famille, sa tribu, sa phratrie et, finalement, la ville entière. Même si nous accomplissions les sacrifices, les prières et les libations d’usage, nous pouvions demeurer impurs, et nos prières rester vaines. Athéna, pure déesse de la sagesse et de l’artisanat, pouvait abandonner la ville tant que l’offense ne serait pas lavée. (p. 31)

Le roman constitue une bonne reconstitution de la vie quotidienne à Athènes. Stéphanos n’est pas présenté comme un personnage foncièrement sympathique. Il considère comme naturel le statut méprisable des esclaves et s’avère peu enclin  à communiquer avec les femmes de sa maison, même sa mère. Il faudra pourtant qu’il apprenne à coopérer avec des individus peu prestigieux pour se tirer d’affaire… J’ai globalement bien aimé ce livre, dont l’intérêt réside davantage dans la reconstitution historique que dans l’intrigue policière.

Margaret Doody, Aristote détective, 1978 (éd. 10/18 1996)

Advertisements
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :