Skip to content

La Femme comestible

6 décembre 2016

fcomestibleMarian MacAlpin a trouvé rapidement du travail après son diplôme, bien que les enquêtes de consommation n’aient rien de particulièrement prestigieux. Quoi qu’il en soit, il est certain que c’est une jeune femme pleine d’avenir (mais lequel ?). Elle partage un appartement avec une certaine Ainsley, du genre loufoque. Les premiers chapitres la voient parcourant une ville, peut-être Toronto, par une chaleur étouffante. Tout est banal et pourtant quelque peu étrange.

Marian est censée être très chanceuse, fréquentant un petit ami séduisant. Dès le début, on sent que de nombreux doutes couvent sous le vernis de sa vie quotidienne. L’image de son amie d’université, qui pond régulièrement des mômes scatophiles, n’a rien de motivant. Au moment où ses fiançailles se concrétisent, elle pète sérieusement les plombs. Mais tout le monde ne cesse de lui répéter qu’elle a de la chance d’avoir un fiancé qui présente aussi bien, alors ils ont sûrement raison ?

A côté de moi, il s’est étiré et a bâillé en me broyant le bras contre la porcelaine. J’ai grimacé et me suis dégagée en douceur.
« C’était comment pour toi ? » m’a-t-il demandé d’un ton décontracté, la bouche contre mon épaule.
Il me posait la question chaque fois.
« Merveilleux », ai-je lâché dans un murmure.
Pourquoi n’était-il pas fichu de deviner ? Un de ces jours, il faudrait que je lui réponde : « Nul », juste pour voir sa réaction ; mais je savais d’avance qu’il ne me croirait pas. (p. 112)

Pour découvrir Margaret Atwood, j’ai commencé par son premier roman. Et la découverte a été concluante ! Sous un aspect décousu, l’intrigue est bien construite. Les errances urbaines de Marian l’amènent à une prise de conscience de ce qu’elle veut vraiment, ce qui la fait passer pour une folle auprès de ses amis. L’importance de l’indépendance féminine, la non obligation du mariage ne se décrète pas ici, elle s’éprouve. Même les relations plus libres trouvent rapidement leurs limites, comme avec Duncan, jeune homme très perturbé ou alors très manipulateur. Elle finit par comprendre qu’elle ne sortira jamais gagnante des relations de séduction.

Son rejet d’un certain mode de vie s’exprime par la nourriture. Le livre ne prône pas le végétarisme à proprement parler mais la façon dont Marian considère temporairement la consommation de viande devrait plaire au lectorat vegan. La lecture du livre est légère, les scènes sont vivantes, les dialogues assez drôles, notamment quand Ainsley, la redoutable fausse ingénue, est de la partie.

Margaret Atwood, La Femme comestible,
Robert Laffont, 2008 (The Edible Woman, 1969)

Publicités
2 commentaires leave one →
  1. 6 décembre 2016 22:05

    C’est vraiment un plaisir de te voir revenir à un rythme de publication plus soutenu car tes lectures (et tes billets) sont toujours très tentants. Je sors d’Une maison de poupée d’Ibsen et la question de l’indépendance et de l’aliénation des femmes est à mon programe de lecture du mois de janvier. Ce roman fait un bon complément.

  2. 7 décembre 2016 09:11

    Je vais essayer de garder le rythme, alors ! Sur le thème de l’aliénation des femmes, Margaret Atwood est une autrice à creuser, notamment le très connu « La servante écarlate », qui fait l’objet d’une adaptation en série en ce moment.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :