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Vie de deux chattes

17 décembre 2016
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deuxchattesJ’ai bien aimé ce petit livre qui regroupe divers textes de Pierre Loti évoquant les chats, le thème et la taille des textes en faisant un objet facile et séduisant. Vie de deux chattes est le plus long texte. Il fait le récit des chats ayant peuplé son foyer (probablement la maison de Rochefort), et souligne que ses plus belles années ont été liées à deux chattes en particulier. Il évoque les heures paisibles dans la maison familiale, entre sa mère et sa tante, un vrai repos du guerrier.

La Moumoutte blanche (Toutes ses chattes s’appellent Moumoutte, et leurs petits Mimi) est une tornade séductrice, qu’il retrouve avec délice entre deux voyages. La Moumoutte chinoise, plus réservée, a cherché refuge dans sa cabine pendant un voyage en mer et ne le quittera plus jusqu’à la maison. Les deux chattes vont ensuite cohabiter, développant une relation fusionnelle, jusqu’à leur fin malheureusement prématurée.

« On a le sens du chat ou on ne l’a pas ; il n’y a point à raisonner sur la question. » Aucun doute, Pierre Loti a le sens du chat. Ses descriptions sont drôles et émouvantes. On voit les petits félins évoluer sous nos yeux, s’extasier sur les plantes, mener leur petite vie entre siestes et caprices. J’ai souri avec le texte De l’art d’embrasser les chats, qui théorise joliment ma propre manière de saluer mon chat en rentrant le soir :

On les soulève entre le pouce et l’index, par les pattes de devant, en soutenant leur échine avec les autres doigts de la main. De cette façon on les tient debout et on peut leur donner de gros baisers qui les font se secouer légèrement.

Comme dans ses histoires romantiques, cependant, la tendresse est empreinte de gravité, le drame n’est jamais loin. Pages développant la pitié ressentie « pour les âmes des bêtes », récit de l’euthanasie en douceur d’un chat errant trop malade…

Je n’avais pas lu de Loti depuis le collège, où nous avions étudié Pêcheur d’Islande en classe, que j’avais complété de mon côté par la lecture de quelques romans exotiques, romantiques et infiniment tristes. Ici, j’ai été quelque peu gênée par ce qui transparaît de l’écrivain à travers ses récits. Quand il recueille la Moumoutte chinoise, il se trouve en pleine opération militaire, d’ailleurs la chatte n’apprécie pas le bruit du canon… Et quand il parle de la geisha qu’il visite régulièrement, il la compare à une chatte, note ses imperfections physiques, reste vague quant à leurs activités communes… Une bonne figure d’envahisseur, qui part guerroyer et s’approprie les femmes du pays sans trop d’états d’âme. Mais le personnage est très intéressant, ambigu ; j’avoue que cette lecture m’a redonné envie d’en savoir plus.

Pierre Loti, Vie de deux chattes, et autres récits félins, Ed. Aubéron, 2012

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