Aller au contenu principal

La différence invisible

3 septembre 2017

Cette bande dessinée se veut le récit de la découverte de son handicap par une jeune femme, passée au travers des diagnostics, donc considérée jusque là comme normale mais considérablement perturbée dans la vie quotidienne. Le dessin est noir et blanc, traversé par les stridences écarlates du vacarme des autres, des remarques désagréables.

On suit Marguerite, vingt-sept ans, qui a sa petite routine bien établie dans sa ville. Pourtant, les heures passées au bureau lui sont pénibles, son compagnon lui fait comprendre qu’il est patient envers ses particularités, ses amies ont du mal à la cerner. Discrète, la jeune femme apprécie le calme, les soirées en pyjama avec ses animaux. Elle se force pourtant à être la bonne petite amie, à sortir, à tenir des conversations avec des copines peu empathiques. Mais elle ne tarde pas à ressentir un gros malaise ; elle en a tout simplement marre de faire semblant.

Ses difficultés sociales la laissent perplexe et ses recherches sur internet la conduisent bientôt au syndrome d’Asperger, forme plus ou moins prononcée d’autisme, dont les symptômes lui correspondent tout à fait. Elle entame alors une longue démarche de diagnostic officiel et fait le ménage dans ses relations. Elle préfère ainsi rompre avec son petit ami, couper les ponts avec certains « amis » et commence à rencontrer d’autres personne asperger pour discuter de son vécu. Une véritable renaissance, émouvante et pleine d’énergie positive.

J’ai retrouvé une bonne partie des anecdotes déjà connues par le blog tenu par Julie

http://emoiemoietmoi.over-blog.com/

Sauf la drague du voisin (il faut avouer qu’Asperger ou non, on n’attendrait pas cette « technique » de la part d’un homme de plus de douze ans !), ainsi que la discussion surréaliste pour un aménagement de poste avec la DRH, qui se conclut avec la directive de rester discrète et de s’adapter !…

J’ai trouvé dommage que la fin de la BD vire à l’histoire de la BD, comme s’il fallait remplir les pages après épuisement des éléments autobiographiques. On aurait pu imaginer des éléments fictionnels. Quoi qu’il en soit, les dernières pages sont très pédagogiques : description du syndrome, ses manifestations courantes dans la vie quotidienne, comme les intérêts spécifiques et l’hypersensibilité, et pour finir une bibliographie succincte, pas mal pour commencer à se documenter sur le sujet.

Cette BD me semble un bon outil à mettre à disposition des jeunes, dans les familles dont un membre se trouve être Asperger et bien sûr chez tout adulte se sentant « différent » d’une façon ou d’un autre et qui voudrait tester une ou deux hypothèses, même si le contenu ne peut pas remplacer un diagnostic effectué par des professionnels.

Julie Dachez (scénario) / Mademoiselle Caroline (dessin), La différence invisible

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :