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Jennifer Strange

11 octobre 2017

jenniferstrangeUne nouvelle série écrite par Jasper Fforde ne pouvait me laisser longtemps indifférente. C’est au rayon jeunesse que l’on trouvera le premier tome, Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragons. On ne peut pas dire que la couverture très girly m’attirait énormément ; l’objet sentait la chicklit à plein nez.

Au bout de quelques pages, j’étais rassurée. Ce livre peut difficilement être comparé à autre chose que… la série Thursday Next. Du coup, ça m’a bien plu. L’héroïne, cette fameuse Jennifer Strange, a presque seize ans mais ça ne se ressent pas trop, à part quand elle essaie de dragouiller un jeune magicien. En effet, elle est autoritaire, autonome, se trouble peu devant les pouvoirs établis et, heureusement, fait peu attention à son apparence physique. Elle dirige l’agence de magiciens Kazam, visant à occuper ces naguère prestigieux personnages à des tâches utiles mais peu reluisantes de plomberie ou de maçonnerie. L’énergie magique baisse inéluctablement dans le royaume et le caractère ombrageux des collègues de Jennifer n’arrange rien.

La seule idée d’une autorité supérieure organisée – un « Grand conseil des magiciens » ou quelque chose comme ça – est absolument ridicule une fois qu’on sait à quel point ils sont étourdis. On peut amener trois d’entre eux à lancer des sorts ensemble – tout juste – mais leur demander de s’accorder sur une nouvelle couleur pour les murs de la salle à manger est quasi impossible. Ergoteurs, infantiles, passionnés, caractériels, ils ont besoin de gens comme nous pour s’occuper d’eux – et ç’a toujours été me cas. Derrière chaque grand magicien, on a toujours trouvé son agent. Il restait dans l’ombre mais il était là, passant les contrats, prévoyant les transports, les réservations d’hôtel, épongeant les erreurs et les cœurs brisés, et ainsi de suite. » (p. 52)

Quand on commence à voir l’intrigue se dessiner, on est carrément en colère contre le titre français, qui dévoile la révélation principale intervenant à la moitié du livre ! Le titre original, The Last Dragonslayer, préservait davantage le mystère… Assistée de son fidèle quarkon, un animal aussi repoussant, pour les personnages qui croisent son chemin, que fascinant pour les lectrices, Jennifer va bravement faire face à une prophétie l’impliquant fort mal à propos avec la mort du dernier dragon de la Dragonnie, espace encore vierge. On est plutôt dans la science-fiction que la fantasy : magie et dragons apparaissent dans un univers qui tient de la friche industrielle. Dans un contexte de capitalisme effréné, constituant une critique pertinente de la société contemporaine, la moindre parcelle de terrain disponible est aussitôt transformée en centre commercial. Jennifer est d’ailleurs très sollicitée par les marques dès que sa présence médiatique s’amplifie.

Dans le tome 2, Jennifer Strange, dresseuse de quarkons, le scénario reste solide mais les situations absurdes se multiplient, pour notre plus grande joie. L’affaire du dragon étant close, ce volume développe davantage le monde de la magie. On trouve enfin une description précise du quarkon, qui rend l’affreuse bestiole encore plus attachante. Les idées les plus saugrenues, ébauchées dans le premier tome, font ici partie de l’intrigue, par exemple l’élan transitoire, le mode de reproduction des quarkons. L’auteur fait preuve de sa légendaire imagination débridée et on atteint un niveau de délire proprement réjouissant, qui donne envie de lire la suite. D’après la page dédiée à la série sur son blog, le tome 3, The Eye of Zoltar, est déjà publié mais non traduit, et Strange and the Wizard en cours d’écriture. Y’a plus qu’à patienter.

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2 commentaires leave one →
  1. 5 novembre 2017 10:32

    Je l’avais noté depuis un moment celui-là, mais ton billet me conforme dans mon envie de le mettre en haut de ma liste ! (et oui, la couverture est un peu bof, bof…)

    • 6 novembre 2017 18:51

      Si tu es fan de l’auteur, tu ne seras pas trop déboussolée, ou plutôt tu adoreras être déboussolée parce que J. FForde a toujours des idées tordues !

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