Skip to content

Mémoires du comte de Comminge

16 octobre 2017
tags: ,

Je me suis plongée récemment dans l’anthologie Romans de femmes du XVIIIe siècle, chez Bouquins. Je n’ai toujours pas compris pourquoi il fallait mettre les femmes à part mais j’ai passé un fort bon moment à voyager de romans en romans épistolaires.

Nous commencerons par les Mémoires du comte de Comminge, de Madame de Tencin, dont la vie a été plus mouvementée que celle de ses personnages ! Entrée au couvent à seize ans, elle montre peu de dispositions pour la vie monacale. Elle réussit à être relevée de ses vœux et s’engage dans une vie parisienne mondaine, pleine de galanterie et parfois de scandales. Volontiers décrite comme ambitieuse, intrigante et scélérate, elle tient salon et fait partie des proches de Fontenelle ou de Montesquieu.

Son premier roman a obtenu un vif succès. Sur fond de rivalités familiales, le narrateur, fils dévoué, est chargé par son père de rechercher les titres de leur maison, afin d’assurer l’héritage. Une fois accomplie sa mission administrative, il flâne un peu à Bagnères, dans les Pyrénées, et son cœur sensible s’attache, on s’en doute, à la plus belle et la plus douce des jeunes filles. Catastrophe ! Il apprend bientôt que sa chère Adelaïde ne peut devenir son épouse, c’est la fille de l’ennemi de son père.

Soumis à leur devoir, les deux jeunes gens cherchent à étouffer leur passion à travers l’exil ou le mariage de raison. Le destin les amène à se croiser régulièrement, sans forcément se reconnaître. La plus grande joie du héros est le jour où il porte secours à Adelaïde suite à un accident :

« Que ce moment eut de charmes pour moi ! Après tant de douleurs, après tant d’années, il est présent à mon souvenir. Comme elle ne pouvait marcher, je la pris entre mes bras, elle avait les siens passés autour de mon cou et une de ses mains touchait à ma bouche. J’étais dans un ravissement qui m’ôtait presque la respiration. Adelaïde s’en aperçut, sa pudeur en fut alarmée ; elle fit un mouvement pour se dégager de mes bras. Hélas ! qu’elle connaissait peu l’excès de mon amour ; j’étais trop plein de mon bonheur pour penser qu’il y en eût quelqu’un au-delà. »

C’est donc l’histoire pathétique et larmoyante d’un amour impossible, racontée avec beaucoup d’élégance à travers le dispositif du manuscrit autobiographique posthume. On navigue entre expression de sentiments délicats et situations rocambolesques : accidents, duels, réclusion, déguisements… Un roman agréable à lire mais un peu trop court pour développer les intrigues et les personnages, qui restent assez superficiels.

Madame de Tencin, Mémoires du comte de Comminge, 1735

Publicités
2 commentaires leave one →
  1. cleanthe1 permalink
    19 octobre 2017 08:05

    J’ai acheté aussi ce recueil il y a maintenant quelques temps. Ton billet le rappelle agréablement à mon souvenir. Ce roman de madame de Tencin me dit bien.

    • 19 octobre 2017 11:54

      Oui, c’est une bonne manière de lire des romans difficiles à trouver. Je l’ai emprunté et n’en ai lu que la moitié pour l’instant, pour ne pas trop me lasser, ce qui représente quand même un bon nombre de titres !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :